la phrase

L’homme doit créer des alliances avec la nature, dont les synergies seront au bénéfice de la ville et du monde vivant… Ce qui me fascine, c’est de co-construire avec elle” a indiqué Nicolas Gilsoul, paysagiste-concepteur.

© Astrid di Crollalanza

Evolutive, adaptative et servicielle, la nature est un modèle à suivre, notamment pour imaginer la ville de demain. Nicolas Gilsoul en est convaincu. “En pleine crise de biodiversité, la ville est devenue un refuge, un bestiaire à la fois admirable et fragile. L’homme doit créer des alliances avec la nature, dont les synergies seront au bénéfice de la ville et du monde vivant… Ce qui me fascine, c’est de co-construire avec elle”. La nature, notamment la faune, est l’allié des villes. Rien qu’à Turin, en Italie, la Ville a économisé 800 000 €/an en ayant recours à l’écopâturage. “ Je crois qu’il faut davantage connaître la nature et ses services potentiels pour imaginer la ville de demain”.

Sondage

Oui 22.6 %
Non 77.4 %

Les biostimulants homologués n’ont pas encore une place privilégiée dans les armoires phytosanitaires des collectivités. Sans doute par désinformation, alors que les spécialités proposées sur le marché, en complément d’engrais, ont un réel bienfait sur vos gazons d’ornement ou sportifs, vos massifs…

LE CHIFFRE 35

Comme la baisse, en pourcentage, de la consommation de carburant en optant pour l’épareuse électrique E-Thenor 565PL de Rousseau, récemment médaillée d’argent à la FIMA Zaragoza 2020.

Dans le cadre du concours de l’innovation de la FIMA Zaragoza 2020 (salon espagnol), l’épareuse électrique E-Thenor 565PL de Rousseau s’est vue attribuer une médaille d’argent, pour la catégorie nouveautés techniques, machines motorisées/équipements fixe ou mobiles. Pour rappel, l’entreprise Rousseau a remplacé, sur sa gamme d’épareuse E-TP, la transmission de puissance hydraulique par une transmission électrique pour l’entraînement du rotor. Principaux atouts : 90 % de rendement, – 35 % de consommation de carburant en moyenne, – 10 dB, absence de batterie…

Moustiques, une lutte nécessaire

Pour prévenir l’installation d’une population au sein d’une mare ou d’un étang, qui sont des gîtes larvaires prisés des moustiques, une bonne oxygénation de l’eau (aérateur, pompe) est nécessaire.

Pour lutter contre la prolifération des populations de moustiques, et notamment des moustiques tigres (Aedes albopictus) qui sont vecteurs de maladies et générateurs de nuisances sanitaires importantes, il est important de prévenir leur développement, en engageant différents moyens de lutte préventive, avec de plus en plus de solutions mécaniques, dans le cadre d’une lutte raisonnée. Couplée à des solutions curatives, qui peuvent agir sur tous les stades de développement du moustique (à l’exception des oeufs), cette lutte sera ainsi efficace face à une recrudescence de moustiques exacerbée par le réchauffement climatique.

Chaque été, nous sommes très nombreux à être incommodés par les nuisances des moustiques, et notamment celles des moustiques tigres qui surviennent préférentiellement le matin et le soir, mais peuvent se produire en journée. Dans certaines régions, il est impossible de rester plus de cinq minutes dans un parc en plein cœur de ville sans écoper au moins d’une dizaine de piqûres urticantes en pleine après-midi…
Au-delà de ce désagrément, les moustiques tigres posent un problème sanitaire : ils sont vecteurs de maladies et connus pour transmettre le Chikungunya, la Dengue et le virus Zika. Encore marginaux en France métropolitaine, les cas d’infection par ces maladies et virus se sont développés du fait des voyages et transports internationaux et à cause du réchauffement climatique, jusqu’à produire des transmissions de cas autochtones.
L’année passée, ce sont au total 96 départements français qui ont été placés à différents niveaux de vigilance (51 en vigilance rouge, 9 en vigilance orange) face aux risques de maladies liées aux moustiques. Une lutte efficace et optimisée, agissant sur tous les stades de développement du moustique, doit donc être mise en place par les collectivités et gestionnaires d’espaces publics. 

La prolifération d’une population de moustiques est rapide. En effet, une seule femelle peut donner naissance à 3 000 moustiques. Alors autant combiner les différents moyens de lutte à disposition, notamment face au moustique tigre, qui ne mesure que quelques millimètres.

L’expansion des moyens de lutte mécanique

Dans la logique actuelle qui tend à limiter l’apport de substance “chimiques” pour préserver l’environnement et la ressource en eau, les moyens de lutte mécanique qui n’utilisent pas de substance active, sont en pleine expansion. Entre biofilms, filtres de ponte, émetteurs d’ultrasons et pièges, chaque moyen étant adapté à un cas de figure particulier (gouttières, plans d’eau, jardins, réservoirs…), ils doivent donc généralement s’utiliser conjointement :

 les films ou les barrières anti-larves et anti-moustiques, qui forment une barrière physique invisible à la surface de l’eau, à l’image du larvicide X-Larv sélectif pour les moustiques, nouveauté 2020 développée par Zapi, et distribuée par Ensystex. “Ce moyen de lutte alternatif agit mécaniquement sans matière active. A appliquer au niveau des plans d’eau, il est constitué d’agents mouillants et d’huile végétale, et donc sans silicone, formant alors un film invisible à la surface qui modifie la ‘tension de l’eau’ : lorsque le moustique se pose pour pondre à la surface, celui-ci coule au lieu de flotter. De plus, lorsque les œufs qui se sont déposés au fond éclosent, les larves remontent à la surface pour trouver de l’oxygène : grâce à cette solution, elles ne peuvent pas ‘se fixer’ à la surface. Ce traitement peut être utilisé en préventif ou bien à partir de juin-juillet, lors de la pleine activité du moustique” explique Cécile Castagnera de Zapi. Il existe également des films à base de silicone, tels que le film liquide Dobol® Pro Aquatain AMFTM de Kwizda.Celui-ci, composé essentiellement de silicone (sans substance active), ne présente pas de risque pour la faune et la flore. En se répandant de façon uniforme à la surface des eaux stagnantes, il forme un film très fin et invisible qui agit par action mécanique en bloquant le cycle de développement du moustique, et en affectant, de ce fait, tous les stades larvaires 

•les “filtres écologiques”, pour gîtes larvaires, tels que les gouttières, avaloirs, regards ou encore pots de plantes, qui sont des lieux de ponte idéaux pour les moustiques en ville. Aedes System propose la gamme Aglostic, distribuée en France par Edialux : “le principe est d’éviter la ponte des moustiques grâce à un filtre élaboré à base de 85 % de caoutchouc recyclé (pneus usagés) qui laissent l’eau s’infiltrer et s’écouler. Aglostic Gouttière s’installe dans ces zones de prolifération des moustiques, sachant qu’en zone urbaine, une gouttière sur deux abrite des larves. Celles des bâtiments municipaux n’échappent pas à cette règle ! La mise en œuvre est facile, sans nécessiter la dépose de la gouttière, avec la découpe du produit à la scie à métaux qui est aisée. Pour Aglostic Regard, la couche de caoutchouc est prise entre deux cadres métalliques avec feuille grillagée : en plus de limiter le développement des moustiques, deux éclosions sur trois se produisant dans les avaloirs des voiries, le dispositif empêche également la pénétration des rongeurs” précise Alexandre Maury d’Edialux ;

•les dispositifs émetteurs de fréquence, à l’image du Larvasonic proposé par Edialux, dont Stéphanie Régnier nous explique le principe : “c’est un système de lutte écologique pour éliminer les larves. Un boîtier, équipé d’une sonde, envoie de façon régulière une fréquence sonore de 18 à 36 KHz, qui fait alors entrer en résonnance l’air contenu dans la vessie des larves, poche située dans leur thorax. L’énergie emmagasinée crée alors une rupture de la membrane de la vessie, des bulles d’air s’échappant et entraînant de nombreux traumatismes dans le corps de la larve, conduisant finalement à sa mort. Ce dispositif, qui peut être loué, est parfaitement adapté aux puisards ou aux citernes, par exemple”.

© Bayer. Des émulsions concentrées en phase aqueuse, telles que le Aqua K-Othrine® de Bayer, sont à appliquer en traitement spatial pour contrôler aussi bien les insectes dans les zones de refuges que ceux présents dans l’espace.

Piégeage : limiter le nombre d’adultes

Ces dernières années, des appareils de capture pour piéger les adultes, et notamment les femelles qui sont responsables des piqûres et donc de la transmission de maladies, ont été développés par les professionnels. Classiquement à base d’acide lactique, d’acides gras ou d’ammoniaque, de nouveaux dispositifs s’appuient sur la capacité du CO2 à attirer les moustiques (ainsi, lorsque l’on dort, pas besoin de lumière pour attirer les moustiques, l’odeur de notre peau et notre respiration suffisent !). 

Des bornes anti-moustiques existent à l’image du dispositif ingénieux de lutte alternative proposé par Edialux : la gamme de technologies brevetées Biogents. “Ces pièges, disponibles en différentes versions, permettent de réduire d’environ 85 % les populations dans un périmètre de 60 m. Robustes, ils sont faciles à installer dans les parcs et jardins, par exemple, et les substances attractives qu’ils contiennent (kairomones qui libèrent des odeurs humaines caractéristiques) peuvent être associées avec un kit CO2 pour en accroître l’attractivité. Le BG-Sentinel est le premier prototype de piège utilisé par les scientifiques, épidémiologistes et autorités sanitaires, pour contrôler la présence de ces insectes. Il permet de piéger tout type de moustiques. Le BG-GAT est, quant à lui, destiné spécifiquement au monitoring ou piégeage de masse des moustiques du genre Aedes, et donc du moustique tigre” souligne Stéphanie Régnier de Edialux. 

Aussi, il existe une technologie brevetée, à destination des professionnels, appelée ‘Smart-BAM’. “C’est une borne anti-moustique qui simule de façon mécanique et moléculaire la respiration humaine, afin d’attirer les femelles. Elle est intégrée à de grands boîtiers à installer dans les rues (BAM Urbaine) ou bien à un mât d’éclairage : c’est la Light-BAM. La borne comptabilise en temps réel les moustiques capturés. Ce dispositif communique à distance depuis un back-office, à l’aide d’une application iOS ou Android via les réseaux 3 G, 4 G ou 5 G. Ainsi, on observe jusqu’à 88 % de piqûres en moins dans un rayon de 25 à 60 m autour du mât, ce qui montre que le dispositif limite de façon efficace la reproduction, une femelle étant capable de pondre 200 œufs en 48 h” précise Pierre Bellagambi, co-fondateur de Qista.

Pour réduire de façon significative une population de moustiques dans un périmètre moyen de 60 m, le piège BG-Sentinel, utilisé initialement par les scientifiques, épidémiologistes et autorités sanitaires, permet de contrôler la présence de ces insectes. dans un périmètre de 60 m.

Les biocides

Aérosols, liquides concentrés, diffuseurs électriques, larvicides, les biocides sont disponibles sous des formulations diverses… L’application de ces biocides nécessite d’être détenteur d’un Certibiocide. Plusieurs produits, détenant une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), sont à votre disposition pour éliminer larves et adultes : 

• des émulsions concentrées, en phase aqueuse, telles que le Aqua K-Othrine® de Bayer (AMM Biocide n°FR-2017-0078)*. “Ce produit anti-vectoriel agit sur le système nerveux de l’insecte et engendre sa paralysie, puis sa mort. Grâce à la deltaméthrine (dosée à 2  %), le produit est efficace à très faible dose : seulement 1 g de matière active par hectare suffit. Il utilise la technologie brevetée FFAST® qui assure la formation d’un film protecteur autour des gouttelettes pulvérisées, ce qui permet une réduction de l’évaporation et l’obtention d’une taille optimale de gouttelettes. Le temps de contact entre le moustique et le produit est ainsi augmenté pour une efficacité maximale. Aqua K-Othrine®, à usage professionnel, à nébuliser à froid ou à chaud, est approuvé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)” explique Thibaut Karoubi ;

• des larvicides microbiens sélectifs à appliquer dans les gîtes larvaires, pour une lutte ciblée, et qui s’appuient sur des bactéries. “Les bactéries, une fois ingérées par les larves, endommagent leur tube digestif et les tuent. Le larvicide Vectomax® G (certification Ecocert), utilisant la technologie BiofuseTM, est ainsi composé des bactéries Bacillus thuringiensis Israelensis (4,5 %) et Bacillus sphaericus (2,7 %), sélectives vis-à-vis de la larve et efficaces contre les moustiques tigres. Présenté sous forme de granulés dispersibles, il peut être appliqué dans une variété d’habitats, sans causer de dégâts aux poissons, à la faune et à la flore aquatique, avec une durée d’action jusqu’à 8 semaines” ajoute Stéphanie Régnier d’Edialux qui distribue le produit. La société propose également le larvicide biologique Vectobac® WG (AMM n° FR-2015-0038), à base de Bacillus thuringiensis Israelensis, recommandé par l’OMS dans le cadre d’un programme de lutte raisonnée et à appliquer également sous forme de granulés dispersibles dans les gîtes larvaires. Ces bactéries peuvent aussi être intégrées dans des solutions concentrées aqueuses (2,5  L/h), à l’image du Vectobac® 12 AS (AMM n° FR-2015-0037), où la taille réduite des particules améliore l’efficacité du traitement, en restant en suspension longtemps dans la zone cible occupée par les larves.

© Qista. Des bornes anti-moustiques, qui simulent la respiration humaine, permettent d’attirer les femelles, pour une diminution notable du nombre d’individus. Des mâts d’éclairage incluent ce dispositif pour une intégration discrète dans l’espace public.

La lutte préventive

Voici donc de quoi mener une lutte optimisée, en respectant un programme défini en préalable, mêlant les différents moyens à disposition. Dernier point : les chauves-souris et les oiseaux sont friands des moustiques  : l’installation de nichoirs et de gîtes dans la ville est également une solution durable à mettre en place !
Les environnements urbains et pÈri-urbains regorgent
de gites larvaires pour les moustiques : coupelles de pots
de fleurs, arrosoirs, pneus usagés, bâches, gouttières bouchées, réservoirs et cuves de récupération d’eaux de pluie… La prolifération des moustiques peut être limitée en prenant soin de vider régulièrement ces retenues d’eau stagnantes. Aussi, au sein des plans d’eau, une bonne oxygénation (par aérateur ou pompe) est moins propice au développement des moustiques.Malgré ces mesures, certaines zones particulièrement difficiles nécessitent des traitements à grande échelle.

Signalement du moustique tigre 

Lorsque vous pensez avoir détecté un moustique suspect dans votre commune, ressemblant à un moustique tigre (corps gris foncé strié de fines rayures blanches, taille de seulement quelques millimètres et donc plus petit que notre moustique autochtone) vous pouvez le signaler, afin de contribuer à la surveillance de son implantation :

• sur le portail dédié : www.signalement-moustique.fr

• ou en utilisant l’application mobile i-Moustique©, développée par l’EID Atlantique (disponible sur l’AppStore et sur Google play).

A savoir que les seules cartes officielles de diffusion du moustique tigre en France métropolitaine sont disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

* Pour des applications en intérieur par thermo-nébulisation et en extérieur par nébulisation ULV à froid, uniquement autour de cas d’arboviroses (maladies virales dues à des arthropodes, dont les moustiques).

Risque incendie : débroussaillement, vigilance !

© Ville de Narbonne. Pour les Villes qui ont en gestion des espaces naturels soumis au risque incendie, celles-ci doivent assurer un débroussaillement optimisé, idéalement entre la fin d’automne et le début de printemps.

Avec des saisons sèches de plus en plus longues, de nombreuses régions autour du bassin méditerranéen sont soumises à un fort risque incendie. Pour limiter la propagation des feux, le débroussaillement est une opération consistant à limiter la masse combustible. L’obligation légale de débroussaillement s’applique alors aux particuliers autour de leur propriété, mais les collectivités ont également une responsabilité et un rôle à jouer dans la gestion du risque incendie.

Chaque année en France, le feu ravage des milliers d’hectares de forêts, landes et garrigues, pinèdes et taillis… entraînant des dégâts humains, environnementaux et matériels longs à effacer. Les incendies qui sévissent depuis des semaines en Australie ne sont pas sans nous rappeler le risque toujours plus grand qui guette nos forêts, exacerbé par le réchauffement climatique à l’œuvre.
Dans les régions à risque, pour limiter la propagation du feu, mais aussi faciliter l’intervention des pompiers, l’obligation légale de débroussaillement (OLD), mise en place dans les années 80 mais malheureusement trop peu souvent respectée, est une mesure préventive s’appliquant aux propriétaires privés autour de leur terrain, afin que les flammes n’atteignent pas les habitations ou bien encore des infrastructures (voies ferrées, réseaux électriques, voiries…). A ce titre, les communes ou les départements peuvent aussi avoir des obligations de débroussaillement. Aussi, ce sont les mairies qui sont chargées du respect de cette obligation par les habitants (et la DDT –Direction Départementale des Territoires- pour les infrastructures), sous peine de devoir parfois assumer les indemnités suite à la destruction d’une habitation par les flammes…Explications avec Cyrille Angrand, chef de service Environnement-Forêt, et Jérôme Barberis, technicien en charge du débroussaillement réglementaire à la DDTM du Gard (Direction Départementale des Territoires et de la Mer).

L’obligation légale de débroussaillement

Comme l’explique Cyrille Angrand, “l’obligation légale de débroussaillement (OLD) est une règlementation émanant du code forestier. Le grand principe est de diminuer la masse combustible en établissant des coupures avec la végétation au sol, notamment par l’élimination des strates basses ligneuses, mais aussi en hauteur, par la taille des branches basses et l’élagage des arbres. Elle s’applique dans les régions classées à risque incendie par la loi (listées sur le site service-public.fr), le climat local et le type de végétation (pinèdes, grands massifs forestiers, garrigues) influençant la vulnérabilité de ces territoires au feu. A ce titre, les départements méditerranéens sont concernés, ainsi que d’autres départements exposés au risque d’incendie. Pour chaque département concerné, un arrêté préfectoral définit les conditions exactes de débroussaillement. De façon générale, l’OLD s’applique autour des habitations et des infrastructures de transport situées à proximité de bois et de forêts de plus de 4 ha”. Pour se renseigner sur les spécificités départementales relatives à l’obligation légale de débroussaillement, il suffit de se rendre sur les sites internet des préfectures des départements.

© DDTM du Gard. L’obligation légale de débroussaillement (OLD) émane du Code forestier, notamment des articles L 133-10 et suivants, et R-131-10. Elle impose aux propriétaires privés de débroussailler 50 m autour de leur habitation, comme mesure de défense face aux incendies. Pour faciliter sa mise en œuvre, il faut communiquer grâce aux canaux municipaux de diffusion, mais aussi, pourquoi pas, mettre à disposition des habitants un broyeur.

La responsabilité des collectivités

Pour Cyrille Angrand, “l’obligation légale de débroussaillement pour les particuliers trouve une application insuffisante, avec de nombreux exemples d’incendies dont l’importance a été accrue par l’absence du respect de cette obligation. La bonne mise en œuvre de celle-ci doit être assurée par les mairies (ou dans certains cas, le préfet par substitution) par le biais des policiers municipaux ou encore des agents des services techniques qui peuvent effectuer des contrôles vers fin mai-juin, avant les périodes de sécheresse. Des moyens de pression juridiques et financiers sont à disposition des collectivités : une amende de 135 € tout d’abord, puis une de
30 €/m² non débroussaillés si les travaux de débroussaillement n’ont pas été réalisés après un rappel à l’ordre. Mais, avant d’en arriver là, les municipalités ont le devoir moral d’informer les habitants à ce risque, pour participer, à leur échelle, à lutter contre le risque incendie. Bulletin municipal, site internet ou page Facebook de la Ville, ou encore réunions publiques, comme celles que nous animons dans les communes du Gard, sont autant de moyens de sensibiliser les habitants”. Celui-ci ajoute : “un des freins aux opérations de débroussaillage est, qu’en plus d’être des interventions techniques qui nécessitent du matériel adapté, elles engendrent une très grande quantité de déchets verts. Ainsi, dans le Gard, l’arrêté préfectoral autorise,
par dérogation, le brûlage des rémanants issus du débroussaillement obligatoire (hors périodes à risque, soit à minima 15 juin – 15 septembre). Il est important de faire sécher ces déchets plusieurs semaines avant de les brûler, afin de limiter les fumées. Les collectivités peuvent également mettre à disposition des habitants des  broyeurs”.
Vous pouvez également conseiller aux habitants de grouper leur demande d’intervention auprès d’une entreprise proposant ce type de prestations, afin d’obtenir des tarifs avantageux, ces opérations étant coûteuses.
Enfin, en tant que collectivité, vous pouvez également agir face au risque incendie par vos propres pratiques d’entretien et en proposant des services dédiés. Certaines villes soumises au risque incendie sont, en effet, propriétaires de grands massifs boisés ou de milieux naturels comme des garrigues, lieux de promenade pour les habitants. A l’instar de Narbonne qui est propriétaire de près de 900 ha de milieux sensibles au feu. Les services techniques gèrent alors les sentiers de randonnée : les agents assurent le débroussaillage des chemins et les abords des citernes d’eau, entre autres pour faciliter les interventions des pompiers. Ils réalisent ces opérations en juin, avant installation de la sécheresse et pour limiter les éventuels départs de feu liés à l’intervention d’engins thermiques ou aux étincelles des lames contre la pierre calcaire affleurante. De plus, la Ville a créé une réserve communale de bénévoles : elle regroupe près de 60 personnes qui arpentent le massif durant l’été pour surveiller les départs de feu, grâce à des 4×4 mis à disposition par la municipalité.

Règles générales d’intervention

Jérôme Barberis nous présente les principes qui guident les opérations d’obligation légale de débroussaillement dans le Gard, et qui sont globalement similaires aux autres départements et extensibles aux
pratiques des services techniques  :
• “à proximité d’un massif forestier, le débroussaillement réglementaire doit être réalisé sur une profondeur de 50 mètres autour de l’habitation  ;
• élimination de la strate arbustive et des ligneux bas (débroussailleuse, gyrobroyeur…). Cela présente l’avantage de pouvoir ’ouvrir’ le paysage lorsque celui-ci tend à se refermer ;
• pour les arbres, il faut élaguer le houppier à 2 m de haut pour les arbres de plus de 6 m et de 1/3 de leur hauteur pour les sujets mesurant moins de 6 m. Cela évite que le feu qui se propage au sol atteigne les étages supérieurs de la végétation ;
• une distance minimum de 3 m entre les houppiers des arbres est à respecter : il s’agit parfois d’abattre certains arbres ou d’élaguer la ramure afin d’éviter que les canopées ne se touchent. Pour sélectionner les arbres à conserver, plusieurs critères entrent en jeu : l’état sanitaire, l’aspect esthétique, le caractère remarquable de certains sujets, la sensibilité au feu (conservation des essences caduques, comme les chênes verts, pubescents ou blancs, plutôt que des résineux tels que les pins plus inflammables) ou encore le potentiel de mise en valeur du paysage. Dans le Gard, on peut laisser des bouquets d’arbres de 80 m² maximum, en respectant la mise à distance de 3 m avec les arbres voisins ;
• une distance minimum de
3 m entre la ramure d’un arbre et l’habitation doit également exister. Il faut éliminer les branchages venant au-dessus de la toiture et veiller à enlever les feuilles mortes et aiguilles de pin qui s’accumulent dans les gouttières, vigilance à mettre également en œuvre au niveau des bâtiments communaux ;
• de façon générale, enlever le bois mort de tous les arbres et arbustes ;
• il est possible deconserver  des massifs arbustifs de 20 m² maximum, séparés des autres arbres par une distance de 3  m. Un alignement/haie peut être conservé à condition d’être mis à distance d’au moins 3 m des autres arbres ou arbustes conservés ;
• si la propriété privée comprend une voie d’accès (route, sentier, chemin privatif), il faut maintenir un gabarit libre de 5 m de haut par 5 m de large (accès des camions du SDIS)”.

© DDTM du Gard. Pour réaliser ces opérations de débroussaillement, il faut prévoir du matériel d’élagage (tronçonneuse, nacelle…), de débroussaillage et de broyage (broyeurs gros diamètres, à fléaux ou couteaux robustes), ce qui rend l’opération complexe pour les propriétaires privés. Ici, un abord de crèche débroussaillé amenant une ambiance de parc arboré.

Prescriptions d’intervention

De façon optimale, le débroussaillement doit se faire “durant les périodes à moindre risque incendie, soit en fin d’automne, hiver et début de printemps. Durant les périodes à risques, l’utilisation d’outils thermiques risque de provoquer un départ de feu. Concernant la gestion des résidus, le mieux est de pouvoir broyer sur place avec un équipement performant et adapté, puis d’étaler le broyat au sol qui conservera l’humidité de la terre” termine Jérôme Barberis. Dernier conseil : il est bien de nettoyer les haies des aiguilles de pin et des feuilles mortes pour diminuer leur inflammabilité.
Pour la défense civile de vos habitants et l’intervention facilitée des pompiers, mais aussi pour la protection des grands massifs forestiers, les collectivités ont donc tout intérêt à faciliter et à contrôler la mise en œuvre de cette obligation !

Urbanisme et paysage : conseils de conception pour prévenir le risque incendie

L’organisation spatiale d’un nouveau quartier (ZAC, lotissements…) et les choix de végétaux et matériaux constituent une mesure préventive de défense contre les incendies.
Lorsqu’un maître d’ouvrage lance un tel projet urbain dans des régions
à risque et qu’un paysagiste/urbaniste dessine les espaces publics et privés de ce nouvel ensemble urbain, plusieurs préconisations sont à intégrer dans le programme d’appel d’offres ou à respecter lors de la conception :
• prévoir dans les schémas directeurs d’aménagement des coupures entre les haies privatives ou sur le domaine public.
Cela peut être une prairie, un espace engazonné… ;
• choisir des espèces végétales moins inflammables que d’autres, notamment pour les haies ou les bosquets d’arbres. A ce titre, l’ONF (Office National des Forêts) a édité un guide technique qui conseille des essences plutôt que d’autres. Ainsi, il y a des espèces à très forte sensibilité au feu (bambous, mimosas, cyprès, thuyas…), puis à forte sensibilité (fusains, laurier-sauce, laurier rose, laurier tin), et à sensibilité moyenne (aubépine, buis, cotonéasters, Eleagnus, Pittosporum, troènes) et enfin faiblement inflammable (lierre, Pyracantha, vigne vierge…) ;
• opter pour des haies plurispécifiques et intégrant des feuillus en alternance, moins inflammables que les résineux, et qui seront autant de “coupures” pour le feu. Une haie de cyprès est,
par exemple, une véritable “mèche à feu” ;
• espacer les houppiers des arbres de façon à ce qu’ils ne se touchent pas à taille adulte ;
• dans les choix de matériaux, éviter les éléments en PVC (clôtures, gouttières…) qui prennent feu par simple montée
en température.

En interface entre la ville et la forêt, il est important de préserver ou de reconstituer des terres agricoles, où la culture et l’élevage, qui limitent le développement de strates arbustives et arborées inflammables, permettent de limiter la propagation du feu.

*Pour recevoir par mail en pdf le guide technique ‘Sensibilité des haies face aux incendies sous climat méditerranéen’ de l’ONF, faites-en la demande à redaction@espacepublicetpaysage.com

Sondage

Eaux pluviales : possédez-vous un réseau unitaire ou séparatif ?

Oui 39 %
Non 61 %

A la lecture des résultats, il semblerait que les collectivités n’ont pas encore suffisamment investi dans l’installation d’un réseau séparatif, limitant l’engorgement des canalisations en cas de fortes pluies ou d’inondation. Peut être misent-elles sur des ouvrages paysagers ‘zéro tuyaux’, tels que des noues, pour infiltrer au maximum les eaux de pluie ? C’est une possibilité.

la phrase

Le secteur des espaces verts est un secteur encore jeune et bénéficiant d’un important potentiel de croissance. Je sais que je peux compter sur la solidité des équipes en place pour l’avenir et nous allons continuer à recruter ” a indiqué Benoit Etienne, repreneur de la société Dairon, qui conçoit, fabrique et distribue du matériel de création et d’entretien des espaces verts.

Dairon SAS est reprise par EHF, holding familiale de Benoit Etienne. Dairon SAS conçoit, fabrique et distribue au travers de son réseau du matériel de création et d’entretien d’espaces verts depuis plus de 60 ans : des enfouisseurs/préparateurs de sols de toutes tailles dont la réputation n’est plus à faire, mais pas seulement : semoirs, engazonneurs, défeutreurs ainsi qu’un tout nouveau matériel de regarnissage présenté à Paysalia en décembre dernier : le Roog. Michel Dairon a dit : « j’ai choisi Benoit Etienne, repreneur personne physique, car il m’a convaincu par l’adéquation de son profil avec les besoins de la société actuels et futurs. Les fondamentaux de la société seront préservés et il saura également mettre en place de nouvelles dynamiques ». Suite à quoi, Benoit Etienne a ajouté : « c’est l’aboutissement d’un parcours de recherche de PME de 9 mois en ciblant des sociétés ayant des produits de niche, la maîtrise de leur chaîne de valeur et idéalement une présence à l’international dans l’environnement professionnel ou connexe à celui dans lequel j’ai évolué ces 25 dernières années ». Dairon SAS, avec ses produits de qualité Rotadairon, répondait parfaitement à cette équation. « Le secteur des espaces verts est un secteur encore jeune et bénéficiant d’un important potentiel de croissance. Je sais que je peux compter sur la solidité des équipes en place pour l’avenir et nous allons continuer à recruter ».

le chiffre 45

© Husqvarna

Comme le diamètre de coupe, en centimètres, des nouvelles débroussailleuses à batterie 535iRXT d’Husqvarna. C’est le plus important du marché.

Cette année, Husqvarna propose une nouvelle gamme de débroussailleuses à batterie, idéales pour réaliser des travaux de débroussaillage intensifs. Le diamètre de coupe de 45 cm et la puissance équivalente à une 35 cc en font des outils parfaits pour les professionnels. Répondant à la norme IPX4, elles peuvent être utilisées sous la pluie sans aucun risque. Husqvarna est la seule marque à proposer la norme IPX4 sur tous ses produits finis à batterie professionnels. Innovation : la 535iRXT est équipée du système Ergofeed™, une nouvelle technologie exclusive Husqvarna permettant à l’utilisateur de sortir le fil par une simple pression sur un bouton depuis l’interface du produit. Résultat : un confort accru, une meilleure durabilité de la machine et des économies de fil. Ce modèle est livré tout équipé avec la tête fil Ergofeed™, une lame 3 dents et le harnais Balance XB comprenant un porte batterie intégré. Le porte batterie permet de stocker une batterie supplémentaire et donc renforce l’autonomie du produit ! La débroussailleuse est dotée d’un système anti-vibration qui apporte un confort inédit à l’utilisateur. Une connectivité intégrée permet à l’utilisateur de la connecter très facilement à Husqvarna Fleet Services (abonnement non inclus).

Jardins, Jardin :
concours de l’innovation 2020

Événement annuel parisien, Jardins, jardin reprendra ses quartiers d’été, du mercredi 3 au dimanche 7 juin 2020, au cœur du jardin des Tuileries.

Un rendez-vous incontournable dédié aux amoureux du jardin urbain et du design d’extérieur, qui attire chaque année
plus de 20 000 visiteurs. Pour sa 17e édition, Jardins, Jardin propose la thématique ‘Sous les pavés, un jardin ! De l’utopie à la réalité’,
à laquelle le Concours de l’Innovation s’inscrit également pour laisser libre cours à son imagination. Nouveauté de cette année,
le Concours de l’Innovation accueille maintenant deux catégories
de projets. La première a pour objet de sélectionner des projets capables de réinventer des ‘natures urbaines’. La seconde récompensera les créations et les objets innovants : mobiliers d’extérieurs, accessoires…Les candidatures sont ouvertes !

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la phrase

Un bureau  avait réalisé une étude sur la gestion différenciée, pour un coût de 3 000 € TTC. C’était nécessaire afin d’ajuster nos pratiques, surtout que la ville est étirée en longueur, sur une dizaine de kilomètres, ce qui est parfois difficile à gérer. L’étude a détaillé, parcelle par parcelle, l’entretien à réaliser” indique Erick Dereeper, directeur des services techniques de la Ville de de Wimereux (62).

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Les services techniques de Wimereux se sont réorganisés.
« Les équipes en charge des espaces verts et de la propreté ont été regroupées au sein d’un même service. C’est plus cohérent dans une logique d’amélioration globale du cadre de vie. Cette fusion a aussi généré des économies. Des contrats et des appels d’offre ont été révisés. Si tous les travaux liés aux espaces verts sont réalisés en régie, le désherbage des terrains de sports et du cimetière est désormais assuré par un prestataire privé, pour environ 7 000 € TTC/an (3 à 4 passages annuels). C’est également une façon de protéger nos agents des effets indésirables des produits phytosanitaires » développe-t-il. Dans le secteur des espaces verts, plusieurs autres initiatives avaient déjà été prises, notamment la mise en place de la gestion différenciée. « Un bureau avait réalisé une étude à ce sujet, pour un coût de 3 000 € TTC. C’était nécessaire afin d’ajuster nos pratiques, surtout que la ville est étirée en longueur, sur une dizaine de kilomètres, ce qui est parfois difficile à gérer. L’étude a détaillé, parcelle par parcelle, l’entretien à réaliser » précise-t-il. Par ailleurs, sur le terrain, les équipes ne travaillent plus par secteurs géographiques. « Elles interviennent par tâche (semis, élagage, plantations…). En effet, lors des entretiens individuels que j’ai réalisé à mon arrivé, je me suis aperçu que des agents avaient un certain savoir-faire ou montraient une réelle passion pour telle ou telle activité, alors qu’ils étaient affairés à une autre. Ce n’était pas logique, et surtout, pas productif, car ils n’avaient pas la motivation ».